Dominique de Villepin, l’histoire & la communication
Comment se créer une identité de marque qui soit de droite tout en étant différente de l’UMP qui est imprégnée d’une culture libérale ? La solution est à chercher dans les personnages historiques que l’on relie à DDV. Pour se distinguer, former un positionnement cohérent l’ancien ministre de Chirac mise tout sur Bonap
arte et De Gaulle. Souvenez vous que De Villepin avait écrit de nombreux ouvrages sur Bonaparte parmi lesquels « Les 100 jours » et « le soleil noir de la puissance » notamment. Cette démarche a pour but d’inscrire le créateur de République Solidaire dans une famille politique : le bonapartisme et le gaullisme. Il s’agit finalement d’établir un lien entre ces traditions politiques et De Villepin qui en est l’un de ses derniers représentants. Le raccourcit est vite fait et finalement assez facile à comprendre. Le jour de l’annonce de la création du mouvement est évidement fonction de l’agenda médiatique. On ne pouvait rêver mieux que les 70 ans de l’appel du 18 juin de De Gaulle pour cela. DDV jure ainsi fidélité au gaullisme en choisissant cette date et aux valeurs que cela renvoi : souveraineté, prééminence de la nation, un certain regard sur l’Europe et la fameuse « idée de la France ». Bien qu’un récent sondage indique la déchéance des valeurs du gaullisme, il faut se méfier : DDV dénonçait lui-même l’implication de l’Elysée dans la tentation de saborder son mouvement. En effet, il ne faut pas être naïf pour se poser la question : la montée de la popularité de DDV gêne-t-elle Sarkozy ? Bien évidemment ! Le nombre de prétendants à la présidence entre le centre et la droite se multiplient : Bayrou, surement, DDV etc.. Sarkozy cherche à éviter l’effet avril qui en multipliant les candidatures à gauche a permis à Le pen de passer. Il est certain que Sarkozy le calculateur tient sa fougue politique de Chirac. D’ailleurs il est intéressant de noter que les rendez vous avec l’ancien chef de l’Etat visent très certainement à éviter ce dernier de se rapprocher de DDV qui pourrait profiter de sa popularité, de sa sagesse et de son savoir pour mettre hors jeu Sarkozy. Ce co branding (DDV & Chirac) permettrait à DDV de gagner de nombreux électeurs qui ont voté Chirac pendant les 2 échéances (cible 50 ans et +) qui sont l’un des enjeux principaux de toutes les campagnes des présidentielles. La guerre est ouverte depuis très longtemps déjà et tout est une affaire de communication : par médias interposés les deux hommes se répondent.
DDV n’est pas le seul à avoir utiliser les références historiques pour se positionner sur le champ politique : Bayrou utilisait l’image d’Henri IV, Sarkzoy utilisait Blum et Jaurès en 2007 et Ségolène Royal utilisait l’image de Louise Michel sur son affiche en 2007 également. Il s’agit également de donner aux électeurs une vision du grand roman national français ? Qui voterait pour un candidat qui ne respecte pas les traditions françaises alors qu’il se présente à la candidature suprême ? En se réclamant de traditions antérieures à celles existantes, ils s’insèrent dans l’histoire, lui donnent une continuité et une cohérence. Une fois de plus, DDV a joué très subtilement du champ lexical associé à cette tradition : nation, justice et paix sont autant d’indicateurs qui soulignent la fidélité à ces traditions dont il se réclame. D’ailleurs l’évènement s’appelait « appel du 19 juin » comme quoi rien n’est laissé par hasard !
La question qui se pose est donc comment va-t-il retourner cette offensive de l’Elysée et donc attirer les anciens fidèles de Sarkozy tout en écartant les autres candidats et maximiser ses chances de gagner la présidentielle ?









Cela me paraît aussi potentiellement symptomatique d’une classe politique qui aurait quelques difficultés à envisager l’avenir ou qui préfère focaliser son action vers les populations les plus âgées. Démographie oblige…
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